Avec plus de 67 millions d’utilisation en 2023, le réseau de tramways de la métropole bordelaise est le 3e plus utilisé de France. Face à une saturation croissante des trams à Bordeaux, la métropole souhaite rester exemplaire sur le plan écologique. Ces problèmes soulèvent des questions sur l’efficacité de ses solutions de mobilité durable et écologiques.
À 11 h 30, les trams bondés deviennent un casse-tête pour la foule d’usagers attendant leur transport. À l’arrêt Quinconces, la station la plus fréquentée de la ville qui voit s’amasser pas moins de 7 millions de voyageurs par an, on retrouve Jean-Michel et Nicole, un couple de retraités qui, entre les châtaigniers, le vent violent et la pluie battante, reste cependant optimiste quant à l’efficacité du tramway : « Ça reste le meilleur moyen, moins de pollution voiture, donc la baisse d’une partie de la consommation de carbone. » À l’inverse, Antoine, un jeune étudiant en école de commerce, rappelle l’inconvénient des conséquences de cette saturation : « Après, il faut quand même faire des efforts, car il y a pas mal de problèmes et ça nous force quelquefois à prendre la voiture », déclare-t-il les mains dans les poches en écoutant sa musique. Pour de nombreux Bordelais, la promesse d’un transport écologique se heurte à la réalité d’un réseau saturé, où les trajets deviennent une épreuve quotidienne. Si l’objectif de réduire les émissions carbone est salué, beaucoup s’interrogent sur la capacité du tram à répondre aux besoins d’une ville en pleine expansion.
« Des usagers à bout, une Métropole en quête de solutions »
Du côté de Bordeaux Métropole, dans des bureaux sur le qui-vive, la saturation du réseau de tramways est bien identifiée et des solutions sont en cours d’élaboration. « Il y a tout un programme dénommé Capatram, où l’objectif est de fiabiliser le tram, car aujourd’hui, on a un taux de panne assez élevé avec des coupures assez récurrentes. » « Il y a donc tout un programme d’aménagement pour éviter ça », explique café et dossier à la main Renaud Lorillard, membre de la direction d’exploitation. En parallèle, les engagements environnementaux ne sont pas laissés de côté. « Dans le cadre de la convention qu’on a signée avec Keolis, elle est passée société à missions, avec tout un panel de mesures visant à respecter l’environnement et le bilan carbone », ajoute d’un ton sérieux Céline Moracq, également membre de la direction. Bien que les défis restent nombreux, Bordeaux Métropole mise sur des sources d’énergie plus vertes : « Pour le tram, je n’ai pas les chiffres exacts, mais il y a une certaine partie de l’électricité qui est verte », précise-t-elle. Malgré ces efforts, la route vers un réseau de tramway véritablement durable et adapté aux besoins des Bordelais semble encore longue. Entre saturation, fiabilité et transition énergétique, Bordeaux Métropole doit relever un défi complexe : concilier urgence écologique et satisfaction des usagers, tout en anticipant la croissance continue de la population
